Le RNF en bref

Résultant d'une initiative commune, en 2006, du Bureau de normalisation du Québec (BNQ) et de l'Association française de normalisation (AFNOR) pour la communauté internationale francophone de la normalisation, le Réseau Normalisation et Francophonie (RNF) s'est rapidement développé autour d'une structure très légère et de la mutualisation des moyens de ses membres. Une charte fixe leurs valeurs et enjeux partagés de solidarité et de coopération. Le secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), le président Abdou Diouf, a appuyé la création du Réseau.

Largement ouvert à tous les pays francophones, membres ou non de l'ISO et de l'OIF, et aux organisations de la francophonie, le RNF est guidé par un comité de pilotage d'une dizaine de membres.

Sa présidence est assurée depuis 2007 par Jacques Girard, directeur du BNQ, et sa vice-présidence a été confiée à Barama Sarr, directeur général de l'Association Sénégalaise de Normalisation (ASN), avec un secrétariat général animé par Alain Durand à Paris et Marie-Claude Drouin à Québec.

Doté d'un forum électronique d'échange abrité par le BNQ, le RNF intervient en collaboration étroite avec l'Institut de l'environnement et de l'énergie de la francophonie, l'IEPF, le Comité de développement de l'ISO, le DEVCO, et l'Union internationale des ingénieurs et scientifiques utilisant la langue française (UISF).





Actualités

Février 2011


• Situation de la normalisation au Gabon en début d’année 2011
: l’Agence de normalisation et de transfert des technologies (ANTT) a été mise en place par les autorités gabonaises en janvier 2008. C’est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) placé sous la tutelle du ministère de l’Économie, du Commerce, de l’Industrie et Tourisme (MECIT et dirigé par Malem Tidzani). Quatre directions sont en charge respectivement de la normalisation, des transferts de technologies, de la promotion et de l’administration et des finances. Le personnel de l’ANTT s’élève à 38 personnes.

L’Agence a pour mission d’une part d’animer les travaux de normalisation, d’accréditation, de certification; de promouvoir la qualité dans les activités productives et de mettre en place un cadre propice au développement de la métrologie. Elle assure, d’autre part, la promotion de la politique nationale en matière d’invention, d’innovation et de transfert des technologies. Elle doit notamment contribuer au renforcement de la compétitivité des petites et moyennes entreprises gabonaises.

Différents projets sont inscrits sur la feuille de route de l’ANTT pour 2011/2012 dont, en premier lieu, la mise en place opérationnelle des systèmes gabonais de normalisation, métrologie, accréditation et conformité. Elle doit également gérer le point focal OMC/OTC/ et CEMAC, mener des actions de sensibilisation et d’information sur l’importance des normes et organiser le prix national Qualité. L’ANTT dispose de moyens très limités et s’appuie donc énormément, pour réaliser ses missions, sur la coopération internationale : ISO, CEI, RNF, OIML, ORAN, CODINORM, SNIMA.



• En direct de Libreville
: les 15, 16 et 17 février 2011, s’est tenu à Libreville un atelier régional ISO-AFNOR-RNF accueilli par l’ANTT, agence responsable de la normalisation au Gabon. Le thème central était celui du rôle des normes dans le développement économique et le commerce. Les organismes de normalisation (ONN) francophones d’Afrique centrale et Afrique de l’Ouest y étaient invités par l’ISO et le RNF. Quatorze d’entre eux étaient présents, le plus souvent au niveau de leur directeur. Tous sont membres du RNF, hors le Burundi et la Guinée qui ont exprimé en séance leur volonté de rejoindre le Réseau. Il faut noter que cette participation quasi complète des normalisateurs africains ayant le français en partage ne s’était jamais produite dans le passé. Au total, l’atelier a réuni 40 personnes.

Pour le Gabon, plusieurs représentants d’administrations centrales et d’organismes ont participé à l’atelier : directions de ministère chargées de l’économie, du commerce, de l’industrie, législation fiscale, confédération patronale, société Petro Gabon… Un conseiller du premier ministre du Gabon a suivi tous les travaux ainsi que des représentants de la CEEMAC et de la CEEAC.

L’atelier visait pour une large part à présenter aux participants la récente méthodologie développée par l’ISO pour évaluer quantitativement les avantages économiques d’une utilisation des normes par une entreprise, et à examiner avec eux comment ils pourraient la mettre en œuvre dans leurs pays respectifs. Disposer de démonstrations concrètes et convaincantes sur l’impact de la normalisation vis-à-vis des décideurs représente en effet un défi majeur pour les animateurs des ONN africains.

Les intervenants, Daniele Gerundino, conseiller stratégique du secrétaire général de l’ISO, Alain Durand, secrétaire général du RNF, et Malem Tidzani, directeur général de l’ANTT, ont abordé en introduction les grands principes régissant la normalisation volontaire et son évolution, les attentes des membres africains du RNF et le programme RNF 2011 et la situation prévalant en Afrique centrale.

Un travail en groupe a porté ensuite sur les défis et les attentes prioritaires de la normalisation en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest qui ont fait l’objet d’une analyse en petits groupes, exercice fort apprécié par les participants. Ont été mis en avant l’importance de mobiliser les décideurs publics et privés sur les enjeux de la normalisation, l’intérêt de mettre en place des réseaux d’échange et d’action commune entre ONN pour engager des évaluations sur la valeur des normes et la nécessité de renforcer très sensiblement les infrastructures et les moyens humains et financiers des organismes chargés de la normalisation. Les avancées significatives réalisées en Afrique de l’Ouest dans le cadre du programme Qualité de l’UEMOA ont été signalées.

Le deuxième jour, après un rappel par Barama Sarr, vice-président du RNF, et Alain Durand de l’étude qualitative conduite au Sénégal fin 2009 par le RNF avec l’ASN et l’EPT et de ses retombées, Daniele Gerundino a présenté en détail le cadre conceptuel et le contenu de la méthodologie quantitative ISO. Il l’a illustrée ensuite à travers deux études de cas très significatives menées en 2010 en Amérique latine dans des entreprises, l’une de la mécanique, l’autre de l’agroalimentaire. La démarche ISO porte sur l’identification, puis la mesure de la contribution des normes sur toute la chaine de valeur d’une organisation et de ses interfaces externes. Cette évaluation n’est évidemment réalisable que dans des entreprises ayant mis en œuvre de façon concrète des normes dans des entreprises.

Daniele Gerundino a présenté ensuite aux participants les scénarios d’application de la méthodologie ISO avec l’analyse préalable des secteurs et l’identification des entreprises.

Une nouvelle séance de travail en groupe a cherché à déterminer quelles pourraient être les priorités sectorielles pour engager des évaluations selon la méthodologie ISO dans des entreprises africaines. Le secteur de l’agroalimentaire a été très largement placé en tête suivie des filières liées à la production d’énergie, au pétrole, aux liants hydrauliques… où existent d’ores et déjà des certifications et l’application de nombreuses normes.

Le 3e jour, l’atelier a abordé la boite à outils méthodologique ISO et des exemples de son utilisation. Ont suivi des éléments sur la place des normes dans le commerce international, le rôle de l’OMC et du traitement des obstacles techniques aux échanges et l’utilité des points d’information technique mis en place dans les pays conformément au Code des normes de l’OMC.

L’atelier s’est conclu le jeudi 17 février avec les remarques finales des participants. Au nom de tous les participants, Hubert Makengo Lutimba, directeur des normes à l’OCC au Congo RD, a remercié très chaleureusement l’ISO ainsi que l’AFNOR, le RNF et l’ANTT d’avoir organisé une formation particulièrement enrichissante et d’y avoir réuni la quasi-totalité des ONN d’Afrique francophone.



• Programme de déploiement de la norme ISO 26000 dans la Francophonie
: le RNF annonce le lancement du Programme de déploiement de la norme ISO 26000 sur la responsabilité sociétale des organisations, qui a été publiée le 1er novembre dernier par l’Organisation internationale de normalisation ISO.

Les organismes de normalisation et les réseaux et experts francophones d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Nord, avec l’appui de l’Organisation internationale de la francophonie (IEPF-OIF), sont mobilisés sous l’impulsion du RNF pour appuyer l’application de cette norme « stratégique » par tous les acteurs concernés : entreprises et organismes, collectivités territoriales, administrations, partout dans les pays de la Francophonie.

Le Comité de pilotage du Programme est présidé par Barama Sarr, directeur général de l’Association sénégalaise de normalisation, avec comme vice-président, Didier Gauthier, qui préside la commission française AFNOR sur la responsabilité sociétale. Le président du Conseil d’orientation de l’IEPF, Christian Brodhag, et différentes personnalités du nord comme du sud ont aussi accepté d’y participer.

Quatre groupes d’action sont mis en place pour traiter des outils normatifs, de la sensibilisation et information, de la formation et de la recherche, aspects prioritaires pour déployer largement la norme ISO 26000; les experts francophones vont se retrouver dans ces groupes dont les animateurs sont respectivement Émilie Brun (Afnor, France), Boufeldja Benabdallah (RNF, Québec), Marie d’Huart (CAP conseil, Belgique) et Marie-France Turcotte (UQAM, Québec). Boufeldja Benabdallah, ancien de l’IEPF et pionnier de l’ISO 26000, prend à Québec le secrétariat du Programme, afin d’en assurer l’animation centrale.

L’objectif des groupes de travail est de poursuivre la dynamique d'échange amorcée autour de la norme ISO 26000 afin de mettre l'accent sur les besoins et les initiatives existantes, de les partager et de dialoguer autour de ces initiatives, d'appuyer la cohérence et la mutualisation des initiatives conduites et d’encourager leur développement. Ce programme de déploiement vise à mobiliser les expertises francophones sur les préoccupations de gouvernance, de relations et conditions de travail, d’environnement, de loyauté des pratiques, de droits de la personne ainsi que sur les questions relatives aux consommateurs et au développement local. Il va s’agir pour eux d'appuyer les initiatives nationales ou régionales, par exemple, en 2011, le développement de documents sectoriels en France, le Forum RSE de Dakar, les Journées techniques en Algérie, la réalisation d’ouvrages collectifs et de fiches pratiques au Québec.

Ce Programme va ainsi permettre de prolonger sur le terrain, de façon très concrète, la forte dynamique francophone engagée, il y a maintenant plus de 6 ans, autour de l’ambitieuse norme ISO 26000, pour contribuer à la mise en place d’une gouvernance mondiale pour le développement durable.

Pour tous renseignements, s’adresser à Boufeldja Benabdallah, secrétaire du programme de déploiement : [email protected]


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